La taoquête de plum'

Monde de l'Air - Air 6 : Reviens à ta quête accomplie. Comment as-tu réussi à surmonter les obstacles ?


 

Accomplie ? Alors que les limites de l'aboutissement sont sans cesse repoussées par de nouveaux défis ?
Il me semble que je ne pourrais jamais considérer ma quête comme totalement accomplie. Il en faudra d'autres encore. Oui, les obstacles, je les prends pour défis à présent. 


En revenant sur les étapes de ma quête, je retiens que d'y cheminer sur une longue durée m'a rendue plus réceptive aux mouvements invisibles, ceux qui tissent en profondeur le développement du vivant.
J'ai aussi compris que nous évoluons tous selon des cycles bien précis. Et qu'une floraison, c'est très très long ! Et qu'après le beau temps, re-boum la pluie.

On dirait en somme que plus le temps s'étale, plus le passage vers la profondeur, vers l'immuable devient accessible... 

 

 Il m'apparait que j'ai surmonté les obstacles comme ceci :

J'ai étalé ma quête, ce qui a multiplié les probabilités d'obstacles mais aussi leur résolution !

Je continue d'ailleurs encore de rencontrer des "obstacles" dans mon travail actuel, en démultiplié... Je vous explique : j'avais eu le cas de figure du chef despote et là, j'ai eu l'équipe despote avec pour défi : névrose collective !

Mes collègues - plusieurs femmes, passent leur journée dans un bocal à se chahuter, comme dans une cour de récré. A médire outrageusement et ouvertement les unes des autres, dès que l'intéressée s'absente du bureau, à qui montrera au chef qu'il est le meilleur au sprint, à qui paraîtra la plus rapide, la plus caustique, la plus grossière genre : "hé moi, je vais lui montrer de quel bois je me chauffe, moi je lui mets le doigt dans le c...", à s'envoyer des élastiques en pleine figure au milieu du travail, à se faire des farces de potache limite, bref à qui se distinguera le plus par son talent à créér des noeuds de plus en plus compliqués dans les rouages du dispositif en place.

Il me semble que la conjoncture économique et la course à la survie ne sont pas étrangers à ces nouveaux comportements étonnants, faits d'arrogance et d'excès. Retour de la loi du talion, régression vers les apprentissages primaires du "si je touche le manche de la casserole bouillante, ça fait quoi ?".

Je ne peux m'empêcher de voir cela comme une espèce de rétrogradation mentale collective, qui se bat désespérément pour instaurer le sacre de l'individu, affichant fièrement le message : "Si je touche le manche, eh bien je ne me brûlerai pas, na ! Parce que Moi, c'est Moi et allez vous faire frire un oeuf pour savoir comment j'ai fait !"
Tout le contraire du jeu du Tao. Aucune expérience individuelle ne semble commune au groupe. Quel gâchis.... :(

Je préfère penser que c'est peut-être là encore une fois, une phase de mutation vers quelque chose de plus sûr, peut-être un meilleur équilibre... Après tout, les mises à jour à la bonne heure se font couche par couche, n'est-ce pas... :-)


Bref si je récapitule, c'est toujours la même expérience qui se présente à moi, à chaque fois un peu plus décoiffante lol.  Maintenant que j'ai assimilé ça, je finirai bien par savoir comment mater la Bête !

Cette fois, c'était l'expérience de l'équilibre à trouver, de sa place à conserver mais dans le déséquilibre du groupe. Je me suis même demandée à un moment si ce n'était pas moi qui devenais pas nette....
Dans le même temps, cette fois-ci, on dirait que je me sens beaucoup plus étanche et solide. J'arrive davantage à rester concentrée sur mes buts de Tao. Je peux influer sur le mouvement dont je fais partie mais pas le faire plier à mes 4 volontés. Limites de l'arrogance aussi !

Et là, je pense ne pas être très loin de l'expérience actuelle de Mia, dans son travail. Je prends ce défi-là pour une bonne chose et c'est tout le fun ;-)

La maladie de mon fils m'a fait comprendre le sens du lâcher-prise, le "laisser-faire tout en faisant". Mon fils continue de guérir tout doucement. D'ici la rentrée prochaine, il devrait reprendre ses repères. Je lui pose très progressivement de nouveaux jalons.

  Dans le même sillage, j'ai appris avec cette expérience, ce que voulait dire enfin : vivre dans le présent. Depuis que je ne tiens plus l'expérience de mon passé pour valeur absolue (amnésie aidant ;) ), j'arrive à ne plus m'inquiéter pour mon futur, surtout le futur.

J'ai compris qu'à trop faire de pronostics et de supputations sur mon avenir, je resterai encore longtemps suspendue dans le temps, et rien de concret au présent, ne se réalisera pour moi.

 

 Je veux que cette valeur m'accompagne toujours et en tout lieu. C'est sans doute cela le joker de la Force Tranquille qui me manquait :-) 

Voilà je pense avoir fait le tour de ce que ma quête m'aura appris. Que de notions dont j'entendais parler, sans en imaginer une once d'application pratique... ! Maintenant, je sais un peu mieux :).

 

Vos commentaires

1 Le Vendredi 16 Mai 2008 à 12:23 GMT+2, par Mia

pour l'instant je n'ai lu que le debut du billet mais dejà avant que j'oublie une phrase me vient en lisant l'ambiance du bocal ;-), entendu il y a peu par un papi de 80ans :

" une société de compétition, est une société de depression "

2 Le Vendredi 16 Mai 2008 à 21:13 GMT+2, par plum'

A 23 ans, je me rappelle m'être sentie très vieille. Maintenant, je ne suis pas loin de penser comme ce Papy. La compétition pour foncer droit dans le mur, je ne marche pas !

3 Le Lundi 19 Mai 2008 à 19:40 GMT+2, par Mia

Voilà je reviens je poursuis, je vois que tu as repondu hihi
Mon soucis est inverse je n'ai jamais connu cette envie de foncer doit dans le mur pour le travail, ni les yeux suffisement clos pour ne pas voir le subterfuge de la carotte pour faire avancer l'ane que je suis vers un soit disant " meilleur capitaliste " qui n'est qu'un leurre. . . rude pour mes responsables de me mettre dans une case pour me diriger plus souplement
a moi d'être plus souple sans doute et la douceur de vivre pour chacun le vaut bien, merci dans un billet de m'avoir remise en question ;-)

Pour la fin de ce billet, je lis ce présent que tu trouves enfin, vrai que trop penser à l'avenir fait du present non le terrain fertile dans lequel on sème mais un temps d'attente sterile ; C'est comme les gens mordus de voyance ils vivent tant dans l'avenir potentiel que rien n'advient, c'est de la fuite en avant ; il leur faudrait pouvoir consulter, ecouter, être rassuré, prendre ce genre de choses pour ce que c'est : un tremplin, des indices pour avancer, et non un oreiller sur lequel se reposer.
Les choses mêmes les plus invisibles je peux le dire avec certitude n'ont de cesse - au delà de nous faire comprendre par la meme qu'il existe autre chose qu'on ne soupçonne peut être pas - de nous ramener à nous à notre plan de vie, à la vie même surtout !
Je te donne surtout 2 points, les obstacles, je crois que tu as eu ta dose comme on dit et tu les as surmonter avec brio intelligence, ça on te le savais dejà mais surtout une souplesse que j'apperçois une clareté, presque un petit rire de bouddha qui s'entendrait d'ici ;-)
bises tendres

4 Le Mercredi 21 Mai 2008 à 11:28 GMT+2, par Me gar aranoc'h

Salut Plum'

Je te donne deux points.
Chacun de tes billets me semble plus clair et lumineux encore que le précédent, malgré les obstacles que tu y racontes.
Je retiens "les limites de l'aboutissement sont sans-cesse repoussées par de nouveaux défis" même si cette phrase me terrifie. En tout cas toi ça a l'air de te convenir parfaitement.

Je te fais plein de bisous
Lili

5 Le Mercredi 21 Mai 2008 à 16:49 GMT+2, par Doolores

Cette phrase:
Depuis que je ne tiens plus l'expérience de mon passé pour valeur absolue j'arrive à ne plus m'inquiéter pour mon futur.
Comme elle est vraie. Elle me parle directement. En fin de compte il est dit ici qu'il faut rester humble devant l'univers. Rien n'est complètement acquis. Faire confiance à nous, et à la vie. Oui.
Ton expérience négative au bureau restera difficile à vivre tant que tu la laisseras t'atteindre.
Toute petite maman m'avait appris une chose à dire à mes compagnes d'école qui aimaient me ridiculiser soit pour mon nom: Jolicoeur, ou pour ma taille supérieure à la moyenne en ces années là....ou pour tout autre chose.
Elle voulait que je dise:
"La pluie de tes insultes, n'atteint que le parapluie de mon indifférence."
Je l'aimais bien cette phrase.
Et elle m'a appris, que nous sommes touchés, lorsque nous laissons les événements nous toucher.
Il est certain que lorsque c'est quotidien....encore et toujours....ça devient enmerdant royalement. lolll
A part ça, nous ne pouvons que constater ton évolution, et même que moi, en te lisant, j'apprends.
Peut être qu'en même temps que toi, j'arriverai aussi à asseoir ma force tranquile. (Même si j'ai pas encore vraiment compris ce que tu entends par là...lolll...mais il me semble que ce serait reposant, si elle s'assoyait un peu...lolll)

Je t'embrasse et te donne les 2 points permis.

Doris


6 Le Jeudi 29 Mai 2008 à 17:27 GMT+2, par fugen

Coucou!!!
Je n'arrive plus à aller voir les amis... et je me centre sur le blog peinture..mais bon le temps passe et je ne voudrais pas les perdre des fois qu'ils fermeraient leurs blogs!!!
J'espère que ça roule,
Gros boisou à toi!!

7 Le Lundi 2 Juin 2008 à 12:36 GMT+2, par mia

je reviens apres quelque jours à mediter tout ça sur le terrain, et j'en viens à la conclusion que oui, tout ce chahu donne un nouvel equilibre pour qui le souhaite en quelque sorte, disons qu'il me semble que j'apporte à mes collègue un brin de respect et de class et qu'elles m'apprennent avec leurs betises à ne pas devenir trop rigide à garder une âme souple
vraiq u'on est passé d'une generation hyper intelligente et cultivée à une masse analphabète, je suis catégorique je sais mais il y a de ça, parfois je m'en offense, je les trouves bas si bas et au fond ils ont une chance immense, ils ne se posent pas autant de questio npour eux tout est simple presque simpliste, les comme moi qui savent qui ils sont et qui veulent aller quelque part sont bien trop compliqués et font chier ce beau monde - rires - les libres esprits font chier les autres, alors je me suis demandé pourquoi ? et ben parce qu'il n'y a pas le fameux effet miroir. . .peut de monde peut se retrouver en nous comme on ne se retrouve pas en eux sauf dans nos manques respectifs, nous d'avoir oublié cette part denonchalance, eux d'avoir oublié leur part de courage à se perfectionner
bref, il y a semble t-il là de quoi trouver un nouvel equilibre, sans doute celui de l'être, de l'intelligence du coeur et non plus celle du quid

8 Le Mardi 8 Juillet 2008 à 23:45 GMT+2, par monique

je viens de lire tout ton parcours. MAgnifique !
Beaucoup d'écho en moi. Merci

9 Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 08:44 GMT+2, par soleilamethyste

Amitiés, Josiane

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